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15 mai 2010 6 15 /05 /mai /2010 13:34

bonjour à tous !

 

Le concours de la "maison de la francité ", vous connaissez ? Non ? Laissez-moi vous guider ...

 

Plusieurs auteurs de la maison d'édition "Chloé des lys" ont , les années précédentes, raflé ( oui oui, j'ai bien dit raflé ) quelques prix en participant à ce concours annuel...PArmi eux, je cite Benoît Frenay, auteur de symbiose ; Sophie Huchet-Vuillemin , auteure de C'est quoi ton stage ?; Micheline Boland, auteure carolorégienne bien connue et dont les lecteurs attendent avec impatience son huitième livre Le magasin de contes ; et Florian Houdart qui avec son livre Black out  caricature avec adresse et justes mots nos politiciens de paille ... 

Bravo à tous ces lauréats ...

Et cette année, me demandez-vous...Qui a gagné cet important concours ...Qui ? QUi ?

 

C'est pas moi , je le jure ...Un courrier circonstancié et ponctué d'une jolie phrase a échoué dans ma boîte aux lettres ...Mon texte n'a pas été retenu ...

Le thème de cette année , c'était La rencontre africaine

Vous le savez, moi , ce thème, la rencontre...la rencontre, j'adore ça ! Ce mot m'inspire et je respirais déjà la poussière de la savane ...

MAis voilà c'est foutu et je vois ricaner les crocodiles et trompetter les éléphants ....

Ce texte, je vous l'offre...

Bonne lecture à tous !

 

 

 

 

Sous tes semelles de vent …

 

Sous tes semelles de vent, aux parfums capiteux de la savane et de liberté essentielle, toute la sagesse de la terre africaine marche avec toi, le voyageur sans fatigue, sans tristesse et sans valise.

La « Croix du Sud » t’a soufflé de t’arrêter ici, entre nos clochers d’églises désertées, nos cultures occidentales, et nos villes sans famine.

Tu es venu nous démasquer, toi qui viens de contrées où les masques dansent…

Tu es venu simplifier et débroussailler nos pensées, toi qui viens d’un pays de brousse et d’animaux sauvages…

Tu es venu nous évangéliser, n’est-ce pas, toi qui viens du continent sur lequel des visages blancs et sans masque ont, voici plusieurs dizaines d’années, enfilé chapelets et paraboles …

La première fois que tu as parlé devant notre assemblée, notre ignorance perlait jusque dans le cœur de la nef et tes mots de simplicité – à l’africaine – ont touché nos volcans éteints .

Tu es un homme grand, fort, au visage sans secret. Ta peau couleur d’ébène, c’est un bouclier de paix sans cérémonie ; ton sourire est large de sincérité, tes yeux tout remplis de bienveillance décodent nos interrogations et déposent dans le panier de nos innocences les noyaux véritables du cœur de l’univers.

L’histoire, c’est une route montagneuse, insolite et ironique…En uniformes, des blancs médaillés diplômés et hiérarchisés ont émaillé des kilomètres, traversé des brousses chaudes, ramé entre des gueules de crocodiles. Ils ont estampillé de leurs paroles épiphaniques des tribus d’hommes sages, des dogons qui lisaient dans les étoiles, des sorciers de village qui savaient les contes wabe

Aujourd’hui, habillé d’une soutane, tu vis et respires au milieu de notre peuple. Ta réussite est saine, elle perpétue les lumières de l’univers que les ancêtres de tes ancêtres t’ont soufflé, traversant les fleuves de la tradition orale depuis des centaines d’années de soleil et de brousse, de vents allumés et de forêts humides.

Cadeaux de la vie, les poussières d’étoiles que sont tes mots de sagesse, se déversent comme des poissons ailés, au milieu de nous, blancs de l’occident, troupeaux de gens rivalisant entr’ eux et oscillant entre plus et surplus.

Toi, le septième jour des quatre lunes, tu nous apprends non pas à avoir ; tu nous apprends à être. Tes mots de vérité, remontés des puits de la « Grande Vérité » résonnent entre les colonnades et nous raisonnent, nous, petits élèves aux mains ouvertes vers toi.

Tu nous racontes le dernier voyage du peuple des éléphants, tout près de la rivière Sankourou. Et tu nous siffles pourquoi la « croix du sud » se nomme dans certaines contrées « constellation kamala nkotsi ». Tu nous parles des grands arbres de la forêt vierge, ceux qui se moquent des petites lianes rampantes ; aujourd’hui, accrochés aux longues branches de leurs frères, elles grimpent, chevaleresques, vers le ciel tout grand de bleu.

Et le jeune homme, changé en antilope après avoir bu l’eau de la fontaine, savez-vous ce qu’il est devenu ? Nous, nous le savons ! Et savez-vous pourquoi ? Nous, nous le savons !

Et cet oiseau troglodyte, aux petites plumes malicieuses cachées dans les plumes de l’aigle au bec renversé, connaissez-vous sa destinée ? L’autruche, la « Reine des oiseaux », en rougit de satisfaction ! Quoiqu’en pensent l’albatros et le cormoran !

Tu nous racontes les paroles sacrées, celles qui descendent des chariots de feux et qui s’étoilent en toute innocence parmi nos assemblées de fidèles et d’infidèles. Sur l’autel de nos différences, tu superposes des étals aux couleurs de l’arc-en-ciel et les vitraux nous renvoient des images d’oranges , de citrons, de manioc, de riz, d’ignames pilés, de la sauce gombo, d’arachide ou de tomates ; les vendeurs engoncés dans leurs longues gandouras bleues , jaunes vantent leurs produits au milieu des musiques assourdissantes …

Les lumières et les senteurs des traditions orales de tes terres africaines colorent de partage de compréhension et d’écoute les cristaux de nos doutes et nos écumes litigieuses.

Avec simplicité, tu nous entraînes vers la confiance, la vraie, la grande, celle qui baptise tous les peuples des terres et des mers ; et qui hisse au-dessus des nuages les oriflammes et les calices  des fraternités universelles .....

 

 

 

Et "RUE BARAKA" ?  Ce roman de 82 pages pleines d'enthousiasme, qui d'après le comité de lecture remet les idées en place, attend encore l'étape du référencement ...avant de pouvoir s'asseoir sur les rayons de nos belles librairies !

A tous mes amis et connaissances qui l'ont lu, je dis merci  merci merci car les commentaires que je reçois sont des encouragements inestimables...

A bientôt donc...       

 

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Carine-LAure Desguin

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Published by Carine-Laure Desguin
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commentaires

Edmée 08/06/2010 12:51


Mais c'est le rendez-vous des hommes, ici! Si j'avais su, j'aurais aussi porté une casquette dans mon jeune temps, ha-ha!

Mais tu vas le hurler tous azimuts quand, que ton livre est en vente pour tout un chacun? Qu'il a sa carte d'identité?


Carine-Laure Desguin 08/06/2010 16:35



Mais je suis certaine que ton succès auprès de la gent masculine était criant ! Que dis-je ?? IL EST encore ...A mon avis, c'est
pas la casquette ! C'est le p'tit côté moqueur qui se dessine aux coins des lèvres ...Non? Enfin...d'après EUX ! POur ce qui est des cris, des sauts de joie en hauteur largeur et profondeur sous
les mers, c'est fait ! Le dernier article vient d'éclore et c'est encore grâce à toi car de temps en temps, merci à toi de me secouer ! Regarde comme tu as bien fait ...regarde comme ce blog
s'est étoffé depuis juillet de l'an passé ! Merci, madame Edmée de Xhavée ! Carine-LAure



Monilet - Claude Colson 06/06/2010 17:29


Sur le texte :
Belle et poétique leçon de tolérance et d'humilité.Belle puissance évocatrice aussi.


Carine-Laure Desguin 06/06/2010 19:12



Oui merci, Claude et je vais te faire une confidence, c'est le genre de texte que j'aime écrire ; Des textes nuancés d'humanisme
de grandeur de l'univers, sublimés par des sentiments de tolérance et de gratitude ! Merci, Claude ! Carine-LAure



Meyer Jean-Pierre 27/05/2010 15:34


Petite femme à casquette,
Toujours en retard... dans la vie, dans ma vie... partout où je suis censé être à l'heure... voilà, je viens juste de découvrir ce texte! Tu sais bien, toi qui a tant de perspicacité sous ce
couvre-chef bien vissé sur une tête pleine de sensibilité et de talent, que les prix sont décernés par des gens très divers et qui ne maîtrisent pas toujours le sujet et la discipline dont on leur
demande de porter jugement. Pire... ils en sont parfois totalement étranger et incompétent.Ton texte est beau. Voilà tout. Emouvant. Voilà tout. Je l'ai aimé et vais le faire partager. Voilà tout.
Ton texte va vivre, se balader, aller titiller coeurs et âmes. Alors continue à nous faire pétiller tes mots petite femme à casquette... voilà tout!


Carine-Laure Desguin 06/06/2010 19:10



Hou la la Jean-Pierre, tu sais , suis pas si p'tite que ça ...Vais pas déposer mes mensurations sur le blog ..Des fois que
Laetitia Casta jaunirait de ...! Hé oui je sais, c'est pas grave mais je comprends mieux dès à présent le processus de ces concours ! Et il est vrai que des 580 textes, il allait bien en laisser
sur les carreaux ! Comme tu dis, le texte vivra bien comme ça ...N'empêche, une p'tite place dans le peloton de tête m'aurait fait plaisir ...On remettra ça l'an prochain, n'est-cepas, mon grand
? A bientôt, Jean-Pierre ! Carine-LAure



frank ETIENNE 27/05/2010 13:17


Je trouve ton texte fort bien écrit, tutoyant une forme de poésie. Tu as bien fait de le faire apparaître sur ton blog.

Si ça peut te consoler, j'ai aussi participé au concours et je n'ai rien eu également ! Nous sommes des génies incompris, je ne vois que cette explication.

Bien à toi,
Frank


Carine-Laure Desguin 27/05/2010 19:50



Ah oui Franck, tu as raconté une rencontre africaine ? Dis-moi, qu'as-tu rencontré ? je te vois bien, ondulant dans une saharienne
et coiffé d'un chapeau colonial, triomphant dans une folle poursuite ...une chasse à la tigresse! Tu mets le texte sur ton blog ou tu l'adaptes pour un futur roman ? Dis-moi tout ! Tu relèves que
mon texte vibre sur une tendance poétique; figure-toi que je pense que c'est cela qui m'a perdue ...Qu'importe on écrit pour se faire plaisir et non pas pour plaire à l'un ou l'autre ! Pff pfff !
Et quand je lis tous ces commentaires relatifs à ce texte, je me dis que si j'avais été sélectionnée, je n'aurais pas eu beaucoup plus de joie ! Et l'essentiel ne se situe-t-il pas dans ce
sentiment? La joie, Franck, la joie ! Merci, Franck Etienne , de qui nous attendons la sortie du livre ..( cover visible sur actu http://www.bandbsa.be/contes.htm  , who is who )



Edmée 27/05/2010 12:33


J'ai vu ton interview sur le blog du Petit Belge, bravo! Et on t'imagine bien, petite, (tu avais déjà une casquette?), dévorant et dévorant les livres.

J'ai fait la même chose, c'est ainsi que naissent les passions, j'ai lu toute la bibliothèque de mes parents, sauf ce qu'ils avaient judicieusement placé trop haut. J'ai du attendre de grandir, et
j'ai donc bel et bien fini par avoir tout lu...


Carine-Laure Desguin 27/05/2010 19:40



Le "petit belge" , j'aime bien ce surnom! Et pour un auteur comme moi, qui débarque dans le monde des lettres, quelle aubaine
dis-moi que ce "Petit Belge" me tende une perche , me donne la parole ! Et tu sais quoi, Edmée ? Et bien oui, j'avais une casquette , déjà ! D'ailleurs , j'ai demandé à mes parents de me
retrouver une photo: à côté de mon petit frère, une salopette en jeans jaune , et une tête recouverte d'une casquette ...c'est bibi ! Mes parents auraient du déposer les livres interdits sur le
toit pour me dissuader ...Et encore !! Moi aussi, j'ai tout lu! Merci, Edmée !